Les centres d’études allemandes et européennes, un réseau du savoir dynamique et sans frontières

Professor Michael Werner und Nicolas Escach vom CIERA, Paris Agrandir l'image (© Jan Greune) Ce sont des institutions importantes pour la recherche sur l’Allemagne et l’Europe mais aussi des moteurs de l’innovation en matière de formation universitaire : les quinze centres interdisciplinaires d’études allemandes et européennes travaillent dans onze pays sur des questions contemporaines. L’objectif est de former une jeune génération d’experts de l’Allemagne et de l’Europe susceptibles de s’engager en faveur de l’entente et de la coopération internationales. Les centres d’études traitent des questions allemandes et européennes sous l’angle de la science, de la politique et de la vie publique de leur pays. Le ministère fédéral des Affaires étrangères soutient les centres par le biais de l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD) dans le cadre de sa politique scientifique extérieure.

Le réseau des centres d’études allemandes et européennes relie onze pays et quinze villes universitaires de renom de Paris à Tokyo. Ils sont en général financés par l’établissement d’enseignement supérieur étranger auquel ils sont rattachés ainsi que par un apport de départ sur dix ans, tiré des fonds allemands alloués à la politique culturelle et éducative à l’étranger. Chaque centre a ses spécificités, ses chercheurs renommés et ses propres domaines de recherches. Mais aussi divers que soient les centres, il existe, au-delà de l’utilisation partagée de la langue allemande, d’autres dénominateurs communs. Nicolas Escach, Sylwester Zagulski und Nofar Sheffi (v.l.) im Wissenschaftszentrum Berlin Agrandir l'image (© Jan Greune) Leur principal point commun est d’avoir pour objectif de former une génération de jeunes scientifiques dotés des meilleures connaissances possibles sur l’Allemagne et l’Europe et en mesure, par conséquent, de garantir une future coopération fructueuse entre l’Allemagne et ses pays partenaires. Les centres se consacrent donc à la recherche et à l’enseignement dans des programmes de doctorat et de master particulièrement innovants. Ils se concentrent sur les thèmes contemporains en adoptant une approche très ouverte englobant science politique, sociologie, histoire, sciences économiques, droit, langues et littératures allemandes et sciences culturelles. C’est cette vision cohérente, dépassant les limites disciplinaires, qui rend le travail dans les centres aussi vivant et attractif.

C’est précisément cette orientation interdisciplinaire qui attire une grande partie des jeunes chercheurs. « Nous constatons un intérêt de plus en plus important, y compris chez les étudiants qui n’avaient jamais abordé l’Allemagne auparavant », explique le professeur Bianca Kühnel, directrice du Center for German Studies de l’Université Hébraïque de Jérusalem. « L’Europe est importante pour Israël, c’est pourquoi notre centre lui aussi est important : la science est une bonne base pour nouer des relations fortes. » Le professeur Krzysztof Ruchniewicz, historien et directeur du Centre Willy Brandt (WBZ) de Wroclaw, souhaite lui aussi « jouer un rôle d’intermédiaire entre l’Allemagne et la Pologne ; il importe, à ce titre, de ne pas se contenter de travailler dans des bureaux. » C’est pour cette raison que le WBZ, outre ses missions de recherche et d’enseignement, mise également sur la transmission du savoir scientifique et le conseil politique.

Le CIERA, Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne basé à Paris, joue à cet égard un rôle à part. Il travaille en effet sous la forme d’un groupement d’une dizaine d’établissements universitaires et de recherches français. Grâce à sa formation doctorale innovante et interdisciplinaire, le CIERA est même devenu un moteur de la politique scientifique en France. Son directeur, le professeur Michael Werner, est fasciné par le profil des spécialistes de l’Allemagne que forme le CIERA. « Pour ces jeunes gens, les catégories nationales ne jouent plus un rôle aussi important », observe-t-il, « ils sont bilingues ou trilingues, développent davantage une identité européenne et peuvent jouer un rôle important dans tous les processus de médiation. » Tout à fait la description de la jeune génération de passeurs que souhaitaient voir naître les initiateurs des centres.

Texte : Janet Schayan/Societäts-Verlag (Éditions Societät)

Professor Bianca Kühnel und Nofar Sheffi vom Center for German Studies, Jerusalem Agrandir l'image (© Jan Greune)

Faits et chiffres

Le DAAD soutient actuellement une quinzaine de centres d’études allemandes et européennes. Depuis 1991, un total de 18 centres ainsi que quelques projets interdisciplinaires en études allemandes et européennes ont été soutenus. // Les premiers centres d’études allemandes et européennes ont été fondés en 1991 aux États-Unis. // Les deux centres les plus récents ont été créés en 2007 en Israël. // En règle générale, les subventions allemandes octroyées dans la période de lancement de dix ans peuvent atteindre 250 000 euros par an.


Blick in die DAAD-Konferenz „Deutschland und Europa: Grenzen und Grenzgänge(r)“ Agrandir l'image (© Jan Greune)

Les centres d’études allemandes et européennes

Sylwester Zagulski und Anna Tomaszewska mit WBZ-Direktor Krzysztof Ruchniewicz